Je n’ai jamais voulu payer pour jouer en ligne avec ma Xbox 360. Même si le service semble globalement de qualité – les périodes d’essai de 48 heures en témoignent –, il reste bien trop cher (même par voie détournée) et n’a d’intéressant que les réductions occasionnelles sur certains contenus dématérialisés (souvent 50 % du prix initial, appliqués notamment sur des perles Xbox Live Arcade, et quelques extensions de jeu intéressantes) pour les gens qui ont un volume d’achat sur le Marché Bobox d’au moins 120 € par an, abonnement compris (60 €). De toutes façons, si je veux jouer en ligne, je peux le faire gratuitement sur PC – Valve nourrissant à lui seul mon appétit de meurtrier socialisé –, sur Wii ou sur DS. Pourtant, je me laisserais volontiers tenter par une partie en ligne sur Resident Evil 5, Forza Motorsport 3 (dont les fonctionnalités commerciales et d’échanges avec d’autres joueurs ne sont accessibles qu’aux gens qui paient, aaargh !), Street Fighter IV, G.T.A. IV ou P.G.R. 4 (qui n’est plus trop joué en ligne) ; il serait même possible que je craque pour un jeu comme Splinter Cell: Conviction dans l’unique but de le faire en coopération. Bref, même si tout ça ne vaut rien à côté d’un bon jeu Valve, ça me permettrait au moins de varier les plaisirs et de jouer avec d’autres personnes.
Des arguments faciles
Je veux pas payer parce que j’ai ma dose gratuitement ailleurs. C’est mon argument facile principal.
Les deux autres arguments faciles, c’est d’abord que c’est gratos chez Sony, alors pourquoi en serait-ce autrement chez Microsoft ? Parce que c’est mieux ? Je l’ignore, mais c’est en tout cas moins bien que sur PC où on dispose d’absolument tout le confort dont on a besoin et où, souvent, on peut mettre en place un serveur dédié et paramétrable à souhait, chose dont on est totalement privé sur console, quel que soit le support. Pourtant, ça serait quand même le pied de pouvoir disposer de ce genre d’outils sur consoles, histoire de jouer en ligne dans de bonnes conditions de latence et tout le toutim. Qui plus est, pour les développeurs, entretenir des serveurs qui mettent en relation les joueurs entre eux ou des serveurs qui mettent en relation les joueurs avec un serveur dédié, ça doit avoir grosso modo le même coût. C’est l’idée de mon deuxième argument facile : ça coûte pas grand chose aux développeurs et, plutôt que de balancer du pognon à ne plus savoir qu’en faire dans une communication souvent pas terrible, il serait plus intéressant d’utiliser une partie du budget dans un vrai service aux joueurs, une vraie amélioration du jeu en ligne.
Ces arguments sont extrêmement basiques et peuvent se résumer à « j’estime que ça ne vaut pas son prix ». Ceux qui sont favorables au coût du Live (dont Microsoft, et une partie des joueurs qui le paient) auront probablement des arguments du même niveau, à savoir « ça vaut son prix », « c’est (trop) cher mais je peux me le permettre » ou encore « il faut que Microsoft se fasse du pognon ».
Ça se résume à des éléments arbitraires, à une question de pognon et de moyens financiers.
Payer plus pour jouer en ligne, une vraie idée de bâtard.
Peut-être que pour 20 € par an, je serais prêt à passer à la caisse. D’ailleurs, un tel tarif serait vraiment très attractif, et Microsoft pourrait même lui ôter les promotions occasionnelles. Toujours est-il que ceux qui jouent en ligne sur tous les supports ne payeraient pas pour autant. Beaucoup de joueurs ont choisi la PlayStation 3 notamment pour jouer en ligne sans payer ou, lors de l’achat d’un jeu présent sur les deux machines, s’orientent pour la même raison sur celle de Sony (pour peu que le jeu en ligne soit intéressant sur le jeu en question). Rien ne dit qu’à l’avenir, le modèle de la gratuité restera dominant là où il l’est. Et rien ne dit que certains soient prêts à débourser pour jouer en ligne sur plusieurs supports et ainsi payer 60 € par an à Microsoft, Nintendo et Sony (j’exclus le PC de l’addition), ou même 3 fois 20 €.
En attendant, Microsoft augmente ses tarifs dès novembre 2010 au Mexique, au Canada, aux États-Unis et au Royaume-Uni. Quitte à payer pour ce qui est gratuit sur PC, pourquoi ne pas payer plus ? Un récent courriel de publicité me fait dire qu’il risque à un moment ou à un autre d’en être le même chez nous.

Si le tarif de 36 € (60 % de 60 €) est drastiquement inférieur au prix plein (et même à certaines possibilités détournées), l’astérisque mentionne tout de même que l’abonnement est reconduit pour un an après son expiration, et ce, au tarif alors en vigueur. Et vu l’augmentation annoncée ailleurs que chez nous, il est très probable d’ici la fin de l’été prochain que la zone euro connaisse une hausse et que cette promotion cache donc une plus lourde dépense par la suite. Il est heureusement possible de résilier avant la fin des 12 mois obtenus à tarif préférentiel, mais la peur, le fait de payer par voie électronique et l’astérisque en refroidiront plus d’un.
Les astérisques sur les publicités et conditions préférentielles, une vraie idée de bâtard.