Mise à jour : ajout du lien menant à la boutique Pix’n Love et de celui menant aux photo.
Fin juillet, j’étais en congé, le cerveau à moitié fondu par la douce torpeur des tropiques belges (en réalité, j’étais pris d’une insatiable boulimie vidéoludique et il pleuvait). Heureuse coïncidence, les éditions Console Syndrome m’ont contacté au milieu de cette période, la seule durant laquelle je peux me consacrer à une activité chronophage, comme par exemple contribuer à la rédaction de leur ouvrage sur les jeux vidéo dématérialisés, ceux-là mêmes qui fleurissent sur les plates-formes en ligne (PlayStation Network, Steam, Xblox Live Arcade, WiiWare…) et parfois se distinguent par leur originalité et leur qualité. Med (de Console Syndrome) et moi avons le même prénom : l’argument est implacable, j’ai accepté la proposition. Voici donc une présentation de l’ouvrage suivie de mon ressenti sur cette expérience nouvelle de jeune auteur intermittent.
Download no 1, l’ouvrage des jeux dématérialisés
Avec ses 136 pages carrées comme un pixel agrandi (merci, Jerom BD) et prévu pour une sortie le 26 septembre sur la boutique des éditions Pix’n’ Love – puis plus tard dans les magasins et boutiques en ligne Virgin Megastores, fnac, Amazon, Cultura – au prix de 15 €, ce premier tome de Download traite de neuf jeux (Bastion, Blocks That Matter, From Dust, Insanely Twisted Shadow Planet, Outland, ’Splosion Man, Ms. Splosion Man, The Dishwasher: Dead Samurai et The Dishwasher: Vampire Smile) et développe une première thématique : la propriété des jeux dématérialisés. La maison d’édition a bien entendu mis sur son site internet une présentation de l’ouvrage et quelques planches.
Mise à jour du 29 septembre : après réception du livre, j’ai mis en ligne quelques photos sur le Padlog.

Ma part du travail a consisté en la rédaction de deux textes, le premier sur le superbe Bastion (Steam, X.B.L.A.) et l’autre sur les deux jouissifs et sanguinolents The Dishwasher (X.B.L.A.). N’ayant pas encore l’ouvrage entre mes mains, j’attends impatiemment de le recevoir pour prendre connaissance des textes des autres auteurs et me faire un avis sur la chose. Il serait déplacé de vous dire « foncez vous le procurer » sans l’avoir lu. En revanche, je peux vous assurer une chose : sans ce projet de livre, je serais actuellement sous un pont, misérablement affalé sur un sol douloureux avec pour seul abris un carton sur le dos, tremblotant, toussotant sous l’humidité, probablement à l’agonie et si affaibli qu’il me serait impossible d’appeler à l’aide je ne me serais probablement jamais penché sur Bastion, et cette omission aurait été impardonnable. J’ai été véritablement bouleversé par la qualité et le caractère incroyables de ce jeu sorti de nul part, j’ai pris un plaisir monstrueux à rédiger sur ce jeu et à pousser le bouchon assez loin (surprise, hé hé, lisez le livre), et je prends encore un grand plaisir aujourd’hui à lire ce qui s’écrit à son sujet un peu partout sur le web anglophone et francophone. Quant aux The Dishwasher, je m’incline encore (ça commence à faire mal au dos, deux mois d’inclinaisons) sur le panel des compétences et talents déployés par un homme seul pour réaliser des jeux de cette envergure.
C’est bon, vous avez commandé un sarcophage d’exemplaires ? Merci.
L’écrit, les cris
Les trois (millions de) fidèles au Padlog l’ont bien compris : je publie peu, j’aime prendre mon temps et ne poursuit aucun objectif autre que le partage de mes écrits passionnés et torrides. Une chaude nuit de juillet, au détour d’une partie de Team Fortress 2, Mémento (de Console Syndrome) et moi discutions du web francophone vidéoludique ; quelques jours plus tard, je reçus la proposition suivante : un livre en projet, deux textes à rédiger, trois jeux à expérimenter, quatre semaines de délai. En résumé, je ne décidais de rien, le délai à tenir était court et ma période de congé se terminait huit jours plus tard : fini le luxe d’écrire comme et quand je le souhaitais. La proposition et le projet me convenaient suffisamment dans les grandes lignes – jouer et écrire, mes deux plaisirs – malgré le peu de détail en ma possession.
À mon grand étonnement, les contraintes de temps ont été très stimulantes. Forcément, en commençant par Bastion, j’ai vite compris après la première session qu’on tenait là un jeu exceptionnel, donnant à mon enthousiasme un coup de fouet dont il hurle encore la jouissance qui en découla. J’avais le casque vissé sur les oreilles et un carnet à proximité pour noter tout ce qui était relevable. Bastion, c’est le jeu sur lequel j’aurais de toutes façons écrit quelque chose, livre ou pas.
Après avoir bouclé le jeu, je m’attelai immédiatement à la rédaction en prenant bien soin de ne pas révéler d’éléments critiques de l’histoire du jeu, puis après une première structuration de l’écrit, je rédigeai les questions à l’attention des développeurs et destinées à approfondir la composition si nécessaire. Après un première version soumise aux hautes instances gouvernantes de la maison d’édition toulousaines, je reçus des retours enthousiastes mais aussi des demandes de changements bien pesants à apporter. En rédigeant et fignolant mes désordres linguistiques seul, j’ai l’habitude d’une (absence de) méthodologie de travail ; la découverte soudaine de certaines consignes couplée aux souhaits de modifications me donnait l’impression que mon texte n’était plus vraiment le mien, que mon (absence de) style s’évaporait partiellement. Je redoutais déjà le passage du relecteur/correcteur.
Sur le Padlog, je relis aussi mes textes de temps à autre, j’y retrouve parfois des fautes de langue et ça me permet dans la foulée de m’interroger sur le processus d’écriture. Raconter la conception de ses écrits, ça demande de l’organisation. Pour ma part, pour que ce soit vraiment utile à quelqu’un et consistant, je devrais employer un dictaphone et commenter mes pensées et changements au fur et à mesure que je rédige. J’aurais aimé pouvoir faire cela lors de la rédaction des différentes versions du texte de Bastion. Une caméra qui filme l’écran ou le cahier pourrait aussi être très utile pour visualiser les détails modifiés ici et là afin, par exemple, d’équilibrer une portion de texte. Hélas, sans cela, je suis bien incapable de partager correctement mon expérience d’écriture.
Pour les deux The Dishwasher, ça s’est passé dans la douleur : les jeux sont assez difficiles et mettent les nerfs à l’épreuve, j’avais repris le boulot et mon temps libre connaissait quelques impondérables. Finir les deux volets et rédiger sur des jeux pour lesquels je n’aurais a priori pas souhaité écrire, qui plus est dans des conditions moins favorables, c’était vraiment pénible. Finalement, je suis parvenu à un chouette texte sans dommages collatéraux, le développeur a même demandé sa nana en mariage deux semaines plus tard.
J’ai toujours envie d’écrire, je manque toujours de temps. C’est grave, docteur ?